La technique du surf

Fondamentalement, le surf consiste à glisser le long d'une vague, en utilisant la pente qui se génère le long du déferlement comme source d'énergie. Les surfers exécutent pour cela différentes manoeuvres en fonction de la façon dont déferle la vague et de leurs propres styles.

Techniques de base

Le canard (duck-dive)

Avant de pouvoir prendre des vagues, il faut atteindre le peak . Si le spot possède un chenal , il n'y a pas de problème. Mais sinon, le surfer doit franchir la barre de front, ce qui implique de traverser la zone d'impact avec sa planche. Lorsque la mousse du deferlement d'une vague arrive ou qu'une lèvre s'abat sur lui, le surfer exécute la manoeuvre du canard pour éviter de se faire prendre dans les turbulences : il plonge sous l'eau avec sa planche en l'enfoncant par le nez et il avance l'un de ses genoux au niveau du tiers arrière de la planche. La planche se trouve alors sous l'eau et fait un angle d'environ 45° avec la surface, ce qui l'empêche de trop reculer au moment du passage des turbulences (le surfer subit de violentes secousses à se moment et doit veiller à bien maintenir la planche pour ne pas se la faire arracher ou de faire embarquer dans la machine à laver). Une fois la vague passée, une pression sur le genou ramené en avant précédement permet de remonter dans une bonne position pour continuer à ramer vers le large.

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Le canard n'est envisageable que sur des vagues de tailles raisonnables. Lorsque c'est trop gros, le surfer plonge le plus profond possible en laissant sa planche à la surface en comptant sur son leash pour la retenir. De plus le canard est impossible à effectuer avec une longue planche. On a alors recourt à la vielle méthode du turtle roll : on se retourne pour passer sous la planche, qui l'on tient au niveau tu tiers avant. Le corps freine le recul de la planche et celle-ci amortie les turbulences subies en faisant écran.

Le décollage ou take-off

Take off

Le take-off consiste à démarrer sur une vague. Il s'agit d'une phase très délicate. Le take-off consiste à accelerer suffisement la planche en ramant pour "attraper" la vague puis synchroniser en très peu de temps (1 seconde) le basculement de la planche dans la pente de la vague avec la phase de redressement (pasage debout), tout en anticipant sur le déferlement pour ne pas se faire prendre de court après avoir décollé. Plus la vague est grosse, plus le take-off est difficile car l'aspiration vers le haut de la vague est forte et le surfer part plus tard (latetakeoff) sur une pente plus raide (souvent même verticale). A la limite le surfer peut se retrouver temporairement dans le vide (air-drop) s'il part trop tard par rapport au creusement de la vague. Pour compenser ce phénomène, les surfers utilisent des planches plus longues (guns) pour les grosses vagues afin de bénéficier d'une meilleure propulsion à la rame et ainsi décoller plus tôt.

Il est aussi plus difficile de décoller sur une vague puissante que sur une vague molle, du fait qu'elle creuse plus rapidement.

Après s'être levé on descend la pente de la vague en accelérant. Lorsque celle ci est délicate à cause du creux ou de la taille de la vague, on parle de drop.

Le bottum-turn

Bottom turn

Après avoir décollé, il faut atteindre l'épaule pour pouvoir suivre le déferlement. Pour cela on effectue un virage dans sens de l'ouverture de la vague. On l'appel le bottum-turn ou simplement bottom (virage en bas de vague). Si la vague est rapide, il peut être nécessaire d'effectuer le virage tôt dans la descente (bottom-turn court) ou même partir directement de travers (au risque de déraper) pendant le take off pour les cas extrêmes (take-off vrillé).

Au contraire si la vague est lente le surfer peut partir loin devant la vague (et acquerir ainsi beaucoup de vitesse) et faire un virage à grand rayon, ou bottom-turn long.

Le roller

Roller (extrait de la galerie)

Le roller est souvent la suite logique après le bottom-turn lorsqu'on remonte sur l'épaule de la vague : on effectue un virage en haut de vague pour redescendre et reprendre de la vitesse, un peu comme s'il s'agissait d'un nouveau take-off. Un roller effectué en remontant verticalement sur la vague est considéré comme radical. Si le roller est effectué sur la lèvre il est dit off the lip.

Le cut-back

Cut back (extrait de la galerie)

Le cut back consiste à revenir vers le curl pour reprendre de la vitesse quand on est se trouve loin sur l'épaule, ou que l'on sent la vague ralentir. Un bon cut back consiste à effectuer un S ou un 8 complet sur la vague. Après le premier virage, on se retrouve à glisser dans le sens inverse de celui du déferlement. Juste avant (ou au moment) de percuter le déferlement, on fait un second virage pour à nouveau reprendre le cours normal de la vague. Si on frappe la lèvre lors de ce second virage, on parle de re-entry. Avec les shortboards, le cut-back peut être effectué presque sur place en faisant déraper l'arrière de la planche ( tailslide) et l'on parle d'un snap-back (il s'agit alors plutôt d'une manoeuvre avancé!)

Le kick-out

Kickout (extrait de la galerie)

Lorsque la vague meurt ou ferme, le surfer la quitte remontant et passe derrière elle avec sa planche. Si le surfer va très vite au moment du kick-out, il peut sauter haut au dessus de la vague.

Le wipe-out

Le wipe-out n'est pas une manoeuvre volontaire puisqu'il s'agit d'une chute! (on dit aussi gamelle, cartouche, manger, bouffer, se faire cartonner etc) Sans conteste la manoeuvre la plus facile, accessible à tous, et néanmoins très spectaculaire parfois ;-). Il en existe trois très fréquentes :

  1. La gamelle au décollage. Le takeoff étant une phase délicate, les chutes à ce moment sont fréquentes. Suivant la situation, il est possible de controler encore un peu ce qui se passe. Dans ce cas, on essaye généralement de tomber dans la vague plutot que devant, pour eviter de toucher le fond ou d'être percuté par la lèvre. Les gamelles au take off peuvent être impressionnantes et dangereuses du fait qu'on tombe parfois du haut de la vague.
  2. L'ascenceur. Cette gamelle se produit généralement alors que l'on plonge pour éviter une série (mais sans réussir à aller assez profond) ou à la suite d'une kick-out raté ou l'on ne retombe pas suffisement loin derriere la vague. Dans les deux cas, on se retrouve dans le flux d'eau crée par la projection de la lèvre, et on ne peux absolument rien y faire. C'est un peu comme tomber d'une chute d'eau. C'est souvent dans ce type de gamelle qu'on subit les machines à laver les plus longues, ce qui les rend assez redoutables quand la vague est grosse. On peux aussi violemment percuter le fond dans ce genre de gamelle.
  3. Le "pilonnage". Cette chute résulte d'un impact de la lèvre sur la planche ou sur le surfer. C'est souvent comme ca que se terminent les tentatives de tubes... En général, soit on se fait broyer sur fond, soit on est projeté devant la mousse. Il aussi très facile de casser sa planche en deux dans ce type de gamelle, ou de se faire cogner par sa planche.

De nos jours, le surfer est rattaché à sa planche par un leash (cordon en plastique souple) et il n'a plus a nager comme auparavant pour récuperer sa planche (sauf quand le leash casse ce qui peux arriver dans les vagues puissantes, ou se coupant un aileron). Mais le leash comporte aussi certains inconvénients comme le risque de se bloquer dans les rochers ou d'augmenter les risques de chocs entre la planche et le surfer.

Visitez la section gamelle de la galerie pour voir des exemples ;-)...

Les manoeuvres avancées

Le tube

tube (extrait de la galerie)

Ce n'est pas une manoeuvre à proprement parler. Réalisable uniquement dans les vagues creuses, il consiste à se placer à l'intérieur du tube de la vague pour suivre le déferlement. On peux effectuer un tube en contrôlant sa vitesse (en se ralentissant) pour laisser la lèvre s'enrouler autour de soi, ou bien en franchissant une section qui tombe devant soi en essayant de passer par dessous (dans ce dernier cas, ca passe ou ca casse). Sur certaines vagues, le tube est la seule façon pour pouvoir les surfer, et elles sont alors réservées uniquement à des experts.

Si la vague ferme alors qu'on se trouve dans le tube, ou bien qu'elle est trop rapide pour permettre d'en sortir on parle d'une boite. Lorsqu'on se trouve juste à l'entrée du tube, on parle de casquette (ou cover-up).

Réussir à surfer un tube procure une sensation incroyable, l'extase absolue de mon point de vue ;-). Le tube est probablement ce qui rend définitivement accro du surf. Le tube-riding est très difficile car il nécessite un contrôle absolument parfait du placement, de la vitesse, de la trajectoire et... de soi même. De plus, une chute dans un tube se traduit très souvent par un impact sur le fond.

Le floater

Cette figure consiste à franchir une section en passant au dessus du déferlement. Il s'agit d'une manoeuvre assez difficile à réussir car les ailerons ne contrôlent plus la planche lorsqu'elle se trouve sur la lèvre, et la reception en bas de vague peut être assez violente.

Le 360°

Le 360° est une rotation complete de la planche, soit autour des ailerons, soit en dérapage. Figure de base en bodyboard, elle est très difficile en surf. Il en existe une variante plus lente en longboard et plus facile à réaliser. Cette manoeuvre n'est pas fonctionnelle.

L'aerial

aerial (extrait de la galerie)

L'aerial est une manoeuvre plutôt issue du skate, qui consiste à utiliser la lèvre de la vague comme tremplin pour effectuer un saut. Contrairement au kickout, il s'agit d'atterrir dans la vague (et non derrière) et de continue à la surfer après le saut. Cette manoeuvre nécessite une grande prise de vitesse, et sa réussite est assez aléatoire, même pour un expert.

Choix du pied arrière

De même que l'on est soit gaucher soit droitier, les surfers sont "latéralisés" au niveau des jambes (chacun possède un "pied privilégié"). Si pour la plupart des activités cette différence n'est pas évidente, il est en revanche très difficile de se lever correctement sur une planche et de surfer si le pied privilégié (ou pied naturel) n'est pas à l'arrière de la planche. Les surfers plaçant leur pied droit à l'arrière (et donc le pied gauche à l'avant) sont appelés normal foot ou regular foot et les autres (pied gauche à l'arrière) sont appelés goofy foot.

Un surfer normal foot se trouve toujours face ( frontside) à vague sur les vagues déroulant à droite et dos à la vague ( backside ) sur celles déroulant à gauche. A l'inverse un goofy foot surfe frontside sur les gauches et backside sur les droites.

Les surfers préfèrent généralement être frontside car on voit mieux la vague et le surf est plus facile dans cette position. Cela implique que les normal foot préfèrent surfer les droites et les goofy foot préfèrent les gauches.

Dans les vagues creuses, le surf backside est difficile et on utilise parfois une position spéciale consistant à être baissé sur la planche (pour avoir un centre de gravité très bas) et à agripper avec la main le rail (coté de la planche) extérieur à la vague. Cette position est très utilisée pour le tube-riding backside. On l'appelle le grab the rail ou simplement grabrail.

Le style

Comme dans beaucoup de sports de glisse, il existe différents styles en surf. Les principaux attributs qui caractérise le style sont les suivants :

  • Puissance : un surfer puissant prend beaucoup de vitesse et effectue ses courbes en carving (sur les rails), ce qui nécessite des appuis très puissants sur la planche. Au contraire, un surfer au style peu puissant tourne plus à plat, sur l'arrière en pivot autour de ses ailerons.
  • Fluidité : dans un style fluide (ou coulée) les manoeuvres s'enchainent sans saccades. Il n'y a pas de ruptures dans les courbes.
  • Radicalité : un surfer radical a tendance à privilégier des trajectoires en lignes brisées, en faisant ses virages très violement, et souvent dans des parties critique de la vague, comme la lèvre, et des manoeuvres aériennes comme l'aerial ou le floater.

Les règles de priorités sur les vagues

Afin d'éviter les collisions, des règles de priorités ont été établies. Bien que n'ayant pas de valeur légale ces règles sont (en général) respectées sur tous les spots de surf du monde. Il faut bien avoir à l'esprit qu'en vous mettant à l'eau sur un spot de surf vous serez supposés connaître ces règles. Le non respect de ces règles peut résulter en des collisions aux conséquences parfois dramatiques (des accidents mortels se sont déjà produits malheureusement).

Priorité au take-off

Le surfer situé le plus près du peak a la priorité pour décoller. Cela n'interdit pas de décoller sans être sur le peak, mais impose d'abandonner la vague si un surfer plus prioritaire est déjà parti (kickout) Dans le cas où un surfer continue à surfer une vague en même temps qu'un surfer prioritaire, on parle alors de taxe. Il va sans dire que ce genre d'action n'est pas du tout apprécié, tout particulièrement si vous taxez un surfer local alors que vous êtes de passage. Cela peut aboutir sur des bagarres.

Le surfer de gauche taxé par celui de droite

Lorsqu'un spot devient surpeuplé (cas fréquent l'été en France par exemple), il devient de plus en plus difficile de se placer prioritairement, et le phénomène de taxe augmente dégradant ainsi l'ambiance dans l'eau entre les surfers.

Priorité par rapport aux surfers remontant au peak

Un surfer remontant vers le peak (parcequ'il a terminé sa vague ou bien qu'il est tombé) doit contourner la zone de surf pour ne pas gêner le surfer sur la vague, qui est prioritaire. En particulier, lorsqu'une vague approche et qu'elle est surfée, celui qui remonte doit se diriger vers la mousse ou vers le curl et non vers l'épaule.

Conflits avec les baigneurs

Du point de vue d'un surfer, un baigneur se trouvant sur un spot de surf est un gêneur n'ayant rien à faire à cet endroit, d'autant plus qu'ignorant tout du surf et des vagues il ne respecte aucune regle.

Il en résulte donc parfois des frictions entre eux. Heureusement, les spots de surf sont habituellement des endroits peu propices (ou même interdit) à la simple baignade (les courants et les vagues étant gênantes pour nager, voir carrement dangereux pour des personnes inexpérimentées). Malheureusement certains baigneurs voyant les surfers dans les vagues décident parfois d'y aller eux aussi équipé en général de pseudo-bodyboard, bouées ou autres, ignorant tout des techniques du surf et des règles de priorités. Ce sont les plus gênant pour le surf car ils se placent proche des surfers et se comportent de façon imprévisibles.
Exemple type du baigneur qui va s'emplatrer au milieu du peak. Observer le regard furieux du surfer en arrière plan ;-)

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