Le matériel

Il existe une grande variété d'engins utilisés pour surfer les vagues. Ils se différentient par leurs facilités d'utilisation, leurs performances, les conditions pour lesquelles ils sont adaptées, et les dangers qu'ils présentent. Nous ne présenterons ici que les engins utilisant exclusivement l'energie de la vague, ce qui exclue en particulier les appareils motorisés tel que les jet-ski, de même que les funboard ou les kitesurf qui utilisent principalement le vent.

Surf et longboard

Les surfs (ou shortboard)

Un surf est une planche en mousse (polyurethane ou polystyrène) et stratifiée avec une résine (polyester ou epoxy) et un tissu de fibre de verre. Une latte (généralement en bois) situé au milieu de la planche renforce sa rigidité. Les surfs possèdent un système d'ailerons (depuis 1980, ils en possèdent pratiquement tous trois : on parle de tri-fins ou thruster).

Les caractéristiques d'un surf (cotes et formes) varient énormément. Les planches sont en général conçues sur mesure pour un surfer par des artisans spécialisés appelés shapers. Ce dernier prend en compte le style du surfer, son niveau, son poids, le type de vagues pour lequel est destiné la planche et enfin... la mode (heureusement il existe des shapers sérieux qui ne se laissent pas influencer dans leur design). De leur coté les surfers possèdent en général plusieurs planches pour pouvoir s'adapter aux conditions (il s'agit du quiver du surfer).

Cliquer ici pour voir des formes de planches

Les principaux paramètres d'une planche sont :

  • L'outline : la forme de la planche vu de dessus. Un outline plutôt court, large et rond va favoriser la maniabilité alors qu'un outline long, étroit (on dit aussi serré) et effilé va favoriser la vitesse et être adapté aux grosses vagues. Pour de petites vagues, les planches mesurent typiquement entre 1,80 et 2m, alors qu'elles peuvent atteindre plus de 3m pour les très grosses vagues (on parle alors de guns).
  • Le rocker : courbure de la planche vu de profil. Un rocker tendu (plat) favorise la vitesse alors qu'un rocker "bananée" favorise la maniabilité et la vivacité de réaction de la planche. Le rocker n'est généralement pas reparti regulièrement sur tout le long de la planche : la courbure est souvent accentuée sur l'avant (kicknose) et sur l'arrière ( kicktail) tandis que le centre est plus plat afin de pouvoir générer de la vitesse. Les surfers au style puissant préfèrent souvent des rockers tendus (planche plus plate).
  • La forme des rails. Les cotés de la planche sont appelés "rails", et leurs formes a des conséquences très importantes sur le comportement d'une planche. Un rail rond est maniable et doux, mais dérape dans les vagues creuses. Au contraire un rail pincé (ou dur) permet d'accrocher dans les vagues creuses mais est moins maniable et ne pardonne pas les erreurs. Un rail épais offre plus de glisse qu'un rail fin mais est moins précis, plus dur à contrôler à grande vitesse et accroche moins.
  • Forme de l'arrière (tail) Un arrière carré (square tail) favorise la maniabilité, alors qu'un pintail favorise le contrôle à grande vitesse.

Du fait qu'elles imposent de se lever, ces planches sont difficiles d'accès. Elles présentent quelques risques du fait des matériaux durs et des ailerons. En revanche elles sont très performantes, en particulier dans les vagues creuses où la précision du placement sur la vague est primordiale. Très nerveuses, ces planches ne pardonnent aucune erreur et obligent le surfer à enchaîner rapidement de nombreuses manoeuvres pour suivre le déroulement de la vague. longboard

Les longboards ou malibus

Globalement fabriquées de la même manière que les surfs, ces planches se distinguent par leurs outline plus larges et arrondis à l'avant. Toutes les longueurs sont possibles mais le plus souvent les malibus mesurent plus de 2,20m. On parle d'un longboard à partir de 9 pieds exactement (2,75m).

Héritieres des planches des débuts du surf, elles favorisent un style très fluide, où l'on glisse en grandes courbes sans avoir besoin d'enchaîner rapidement les manoeuvres. Elles pardonnent bien les petites erreurs et permettent de ramer très vite grâce à leurs rails épais, ce qui facilite le décollage et les rends plus faciles d'accès que les surfs. Elles sont performantes dans les vagues petites ou molles mais en revanche deviennent difficiles à utiliser dans les grosses vagues creuses.

La grande longueur des longboards oblige le surfer (on parle aussi de longboarder) à se déplacer en marchant sur la planche pour la manoeuvrer. Ainsi pour accélérer un longboard on se déplace vers l'avant. Lorsqu'on est très à l'avant on parle de nose (le nose est l'avant de la planche) et surfer ainsi est appelé nose riding. Dans le folklore du longboard, agripper le nose de la planche avec les cinq doigts d'un pied est appelé hang-five, et la même chose avec les dix doigts des deux pieds s'appelle un hang-ten (il est très difficile de tenir longtemps dans cette position).

Les autres formes de surf

Le bodysurf

Le body-surf est très particulier en ce sens que les bodysurfers n'utilisent que leurs corps pour glisser, aidé d'une paire de palmes courtes. Le bodysurf nécessite d'être excellent bon nageur, et des vagues très puissantes les shorebreaks. Les bodysurfers ne peuvent suivre une vague rapide à cause de leur faible vitesse.

Le bodyboard

Le bodyboard (appelé souvent morey du nom de son inventeur, ou plus péjorativement biscotte par les surfers) est une petite planche (entre 1m et 1,20m de long) en mousse souple (en général du polyéthylène) non stratifié et dépourvu d'ailerons. Ils ont une forme assez rectangulaire.

Il s'utilise en général en position allongé, le corps cambré, et nécessite comme en bodysurf des palmes courtes pour pouvoir décoller.

Facile d'accès et peu dangereux, il permet d'aller rapidement dans des vagues puissantes. La position allongé et l'absence d'ailerons permet d'effectuer une grande variété de manoeuvre, en particulier sur les portions critiques de la vague (lèvre et tube). On peut même que c'est l'engin ultime pour le tube.

En revanche ses performances en terme d'efficacité de glisse, meilleurs qu'en bodysurf sont inférieures à celle du surf : la vitesse est plus réduite, les sections difficiles à franchir, et la puissance des appuis inférieure.

Le kneeboard

Très proche d'un surf (il est simplement plus court et plus large), on l'utilise comme son nom l'indique en position à genoux et comme en bodyboard on s'aide de palmes courtes pour décoller. Ses performances sont assez proches de celles d'un surf mais la position à genoux le rend moins maniable (moins d'amplitude dans les transferts de poids). Batard entre le surf et le bodyboard, sa popularité est assez limitée.

Le wave-ski (ou ski-surf)

Plutôt cousin du kayak que du surf, le wave-ski (appelé "coton tige" par les surfers) est un flotteur rigide et assez court, équipée d'ailerons que l'on surfe en position assise (attaché sur la planche par une ceinture) et aidé d'une pagaie. Ses détracteurs (c'est-à-dire la plupard des surfers ;-)) le jugent peu maniable et dangereux aussi bien pour son utilisateur que pour les autres.

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